Bartasses et Saucisson

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bartasser /baʁ.ta.se/ : Sortir des itinéraires normaux, avoir des difficultés pour arriver à destination...

Face Nord des Courtes par la voie des Suisses

La voie des Suisses, c’est plutôt le bon choix si on veut une course qui déroule: accès en téléphérique par les Grands Montets, puis descente sur le refuge d’argentière à ski. Refuge qui est pile en face de itinéraire. Itinéraire qui remonte des pentes de neige couic avec quelques ressauts en glace… Oui oui, sauf que ce week-end, le téléphérique est fermé, le refuge aussi, et la neige tire franchement sur la glace !


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A gauche les Courtes, à droites les Droites vue du refuge la veille. Laface nord des droites à l'air glacée sur une bonne partie.

Dans la semaine la météo annonce du beau pour le week end, et c’est la saison pour cet itinéraire qui fait envie depuis un bout de temps. Ni une ni deux, coup de file à Guillaume: parfait, on a tout les deux la permission du week end (pas toujours facile à négocier avec ces demoiselles) !
Départ de Gre samedi matin, on boucle les sacs sur le parking du téléphérique des Grands Montets, casse croute et go! En baskets, ski et chaussures sur le sac, on remonte la piste (sèche) en priant pour trouver de la neige le plus tôt possible… Finalement on chausse à la gare intermédiaire, et au bout de 3h30, le refuge est là. On y trouve 3 autres cordées, l’une prévoit aussi d’aller aux Suisses, une autre préfère les Autrichiens. La fin d’aprem et la soirée se passent dans une bonne ambiance, au soleil sur la terrasse à échanger les impressions sur les conditions de la face et à observer tout ce qui nous entoure: c’est la première fois que l’on viens dans le bassin d’Argentière… Assez impressionnés par toutes ces faces et ces voies mythiques! Après un bon moment à zyeuter la voie aux jumelles, on est d’accord pour dire que ce ne sont pas les conditions du siècle mais que ça le fait. On apprend même que la face NE est en super conditions pour le ski… C’est décidé, demain c’est les suisses avec les ski sur le dos pour profiter aussi de la descente! Du coup, réveil fixé à 2h30: donc tout le monde au lit à 19h.


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Première fois que l'on vient dans ce bassin: c'est immense et magnifique!

Départ en même temps que la cordée de suisses (c’est un signe!), et après une descente de la moraine un peu foireuse, cap sur la face qui se découpe parfaitement dans le clair de lune. De plus en plus impressionnant, au fur et a mesure que l’on entre dans l’ombre que projette le colosse sur le glacier… Mais dès que la pente se redresse, premiers déboires: avec le regel, les peaux zippent et ça devient franchement rock’n’roll… « Ya ka mettre les couteaux? » Ok, mais les sacs étaient assez lourds comme ça, donc on les a « malheureusement oubliés » dans le coffre. « Ba ya ka mettre les crampons? » C’est effectivement ce qu’on s’était dit en laissant les couteaux, mais c’était sans compter sur le regel moyen bof qui fait que la neige ne porte pas assez… Tant pis pour nous, c’est partit pour tracer l’approche à pied, et c’est Guillaume qui s’y colle. Du coup on s’est fait larguer par les copains suisses, et on partira derrière eux dans la face.


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La cordée de Suisses qui nous précèdent, et Guillaume juste au dessus de la rimaye

C’est donc sous une pluie de scuds que l’on commence à s’élever… Un providentiel friend un peu trop bien placé au fond d’une fissure par leur leader nous permet de passer devant et de prendre le large. Les conditions ne sont certes pas neigeuses, mais la glace est bonne et on avance à corde tendue tout le long. Et surprise surprise, le soleil nous cueille au milieu de la voie: chaleur étouffante, on est pas sensé avoir froid en face nord ? La calotte complétement en glace noire exclue la sortie directe au sommet, et c’est donc après une dernière pente de neige bien fatigante à tracer que l’on débarque sur l’arête (en glace pour changer!). De là on rejoint rapidement le sommet.


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Une face nord où on voit le soleil! Au fur et à mesure que l'on s'élève la vue s'elargie et le vide se creuse... Sortie sur l'arête, en glace vive.

Bonne nouvelle, on a mis 4h30 depuis la rimaye, et on est à 10h au sommet: la face NE n’aura pas trop eu le temps de chauffer. Le début de la descente suis une arête assez délicates dans ces conditions, fines et cornichée. Une desescalade d’une centaine de mètres dans un couloir, et on trouve la large pente de neige de la face nord est: un super toboggan bien raide qui t’envoie direct sur le glacier, plus de 700m plus bas. Guillaume est à l’aise dans ces pentes, moi je suis moins habitué ! Mais les condi sont plutôt bonnes, est on se fait bien plaisir! Passage de rimaye sans commentaire, comme on peut, et nous revoilà sur du plat, ravis! Ya plus qu’à se laisser glisser en bas sans effort, avec la banane parce qu’on s’est vraiment régalé toute la journée!
Le plaisir de profiter de la montée, et de la descente !


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Les conditions de la face: largement en glace, le passage raid est bien fournit. On rejoint la neige dans les pentes finales.

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Le superbe panormama du bassin d'argentière, depuis le sommet.

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Nos tronches, sortis de la face et ravis de la ballade!

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Le sommet tout proche! Et nos gentil compagnons de voyage. Ils sont gentils mais un peu lourd, surtout sur la fin.

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L'autre panorama depuis le sommet, Mont Blanc et grande Jorasses!



Merci Guillaume, surtout de m'avoir poussé dans le raid! Je crois que je serais descendu à pied sinon :)