Bartasses et Saucisson

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bartasser /baʁ.ta.se/ : Sortir des itinéraires normaux, avoir des difficultés pour arriver à destination...

Arête Sud et traversée de l'Olan

juin 2015

Encore une fois, très envie d’aller dans les Ecrins. Malheureusement il n’est toujours pas possible d’aller du côté de la Grave. Alors naturellement, on cherche de l’autre côté de la carte… Et parmi les sommets que nous ne connaissant pas, l’Olan. Ce sommet qui bouche le vallon de la Lavey, m’avait semblé très impressionnant depuis la tête des Fétoule. Il ne reste plus qu’à trouver la voie que l’on suivra. En regardant la carte la longue arête Sud saute aux yeux, et l’idée d’une traversée, entre Valgaudemard et Oisans, né aussitôt. Un véritable voyage au cœur de l’Oisans sauvage, droit devant !


fleur sentier

L’idée est de voyager, prendre notre temps. Nous laissons donc la voiture pour ce fois-ci, et profiterons plutôt du bus et de la bonne volonté des automobilistes. Nous voulons rejoindre la vallée du Valgaudemard d’où nous montrons au pied de l’Olan. Y monter par l’arête sud, en descendre par l’arête nord, pour rebasculer sur le vallon de la Lavey et finir à Champorent. Un dernier coup de stop devrait alors nous ramener chez nous !


vieux chaillole

Montée tranquille, ambiance bucolique et panoramique!

Je retrouve ainsi Yoyo à la gare routière de Grenoble samedi matin, d’où un bus nous conduit à Saint Firmin, vrai ppoint de départ de notre périple. A peine 20 min de stop, et une voiture s’arrête à notre hauteur :« -on va en direction de la Chapelle en Valgaudemard ?-Et bien moi je vais à la Chapelle ! »La chance est avec nous, nous somme tombé sur le propriétaire d’un camping à la Chapelle, situé juste au pied du sentier. Et comme ce monsieur est un natif de la Chapelle, il nous offre une visite guidée de cette magnifique vallée du Valgaudemard. Réveillée par les pointes de couleur des près en fleur, le magnifique soleil, elle offre au visiteur ses villages pittoresques et ses paysages bucoliques. Un vrai parfum de nature et d’authenticité. Etant donné que notre trajet s’est goupillé parfaitement, nous attaquons la montée au refuge avec tout le loisir de profiter de la flore abondante et de la vue qui s’ouvre loin sur le Vieux Chaillole. Après 2h30 de papotages, de contemplation et de rando plaisir le long du sentier qui tantôt surplombe les cascades du torrent de Combe Froide, tantôt coupe des prairie fleuris ou bien remonte de verdoyantes banquètes herbeuses, nous arrivons au refuge de l’Olan.

refuge pirate arete sud

Le refuge pirate, avec sa magnifique vue. Nous sur les précieux conseils des gardiens (merci merci! et bonne saison!), nous irons bivouaquer à la brèche, au pied de notre arête.

Nous y rencontrons Mélanie et son copain qui tiennent la baraque ici depuis cette année. Visiblement nous arrivons au bon moment, puisque l’ouverture définitive est ce soir et que le refuge et tout prêt à accueillir les alpinistes ! Cependant nous n’en profiterons pas tout de suite car nous avons une nouvelle fois pris rendez-vous avec les étoiles pour cette nuit. En revanche on profitera du moelleux au chocolat sans aucun scrupules ! Et sur leur conseil nous montons bivouaquer directement à la brèche pour trouver la plateforme de l’ancien refuge (écrasé par une chute de pierres…). J’en profite pour les remercier du conseil, la nuit fût idéale ! L’emplacement est parfait : eau à proximité, au pied de l’attaque, abrité du vent, soleil du soir et soleil du matin. Exactement ce qu’il faut pour savourer ces soirées hors du temps.


bivouac chamois

Notre arête sud semble être un tout petit peu un itinéraire oublié : un maigre topo camptocamp crédité d’un parcours partiel de la voie, 2 ligne jetées dans le Labande au détour d’une page… Presque de quoi se prendre pour des pionniers !

Au petit matin les premières lueurs du jour nous incitent à sortir du duvet, et après une approche de 3 minutes tout au plus nous tâtons déjà le rocher. Quelques louvoiements dans des vires herbeuses et la remontée d’une gorge et nous voilà sur le fil de l’arête. Le soleil nous rejoint, il fait déjà chaud ! Désormais il n’y a plus qu’à suivre le fil jusqu’au sommet. La première moitié du parcours ne présente pas de difficultés majeures, l’arête est peu redressée et le parcours ludique.

arete sud arete sud
arete sud arete sud

L'arête, plate au début, se redresse progressivement. Quelques belles pointes à contourner, et la grimpe commence vraiment au dernier ressault.

Après le contournement de plusieurs pointes le dernier ressaut se dresse au pied du sommet, 400m plus haut. L’escalade ne dépasse pas le IV et l’ambiance est aérienne. La vue s’étend d’un côté sur le sud des écrins, de l’autre sur l’Obiou, le Triève et le Vercors. Au soleil, à l’abri du vent, cette arête est un vrai régal. Je me ferais encore une fois l’avocat du rocher, qui est tout à fait correct pour peu d’éviter les quelques prises tiroir et de ne pas aller chatouiller les blocs susceptible. En faces, les cordées se suivent pour monter à la cime du vallon : ils sont plus d’une 20aine ! La soirée au refuge à due être joyeuse ! De notre côté pas un chat, à peine un chocar passe nous faire un petit coucou de temps en temps.

arete sud arete sud
arete sud arete sud

Le vide se creuse, la vue devient panoramique. On devine la brèche ou nous avons bivouacé qui se découpe dans l'ombre de l'arête.

Petit à petit notre cordée funambule sur ce fil de pierre, tant est si bien que ce qui devait arriver arriva : le sommet ! Tout du moins l’épaule sud, car l’Olan cache bien son jeu et le sommet, bien qu’a portée de main, demande encore quelques efforts ! Là-haut nous somme cueillis par un virulent vent du nord, bien froid, dont nous ne soupçonnions même pas l’existence jusqu’ici.

épaule sud epaule sud
somment nord sommet central

Le sol s'applatie: l'épaule sud! Le vrai sommet lui est encore en face, encore une demi heure d'effort. La redescente de la pointe centrale se fait en rappel (sur la photo en bas à droite il faut descendre la pente de neige pour trouver le premier sur le gros cailloux isolé).

Lorsque le Sommet nord se présente (le vrai, le plus haut des trois, dominant fièrement le sommet central de se 3m de plus) un superbe panorama à 360° s’offre à nous : Meije, Bans, Ailefroide, Dôme de Neige, Barre, Jocelme, Fétoule, Plat de la Selle, Pointe du Vallon des Etages… Toutes ces montagnes qui petit à petit déviennent familières. Derrière nous le Valgaudemard, et la Chapelle 2000m plus bas, devant nous la Lavey, et Champorent notre point de chute, 2000m plus bas aussi. Si notre sommet est atteint nous n’en somme pour autant qu’à la moitié de notre périple !

panorama écrins saucisson

Au soleil, à l'abri du vent... On y resterai bien plus lontemps! Mais il n'y a presque plus de saucisson, alors il faut penser à redescendre...

Après une heure à manger du saucisson et bavasser au soleil il est temps de s’attaquer à la dernière difficulté, et de rejoindre le glacier des Sellettes. La descente par l’arête nord, bien que ne présentant pas de difficulté majeure demande d’avoir le pied sur et de choisir le bon cheminent, sous peine de rejoindre le glacier un peu trop rapidement. L’ambiance est encore une fois au rendez-vous. La vue sur la terrifiante face nord-ouest laisse des souvenirs !

descente arete nord

La descente, par l'arête nord, ne présente pas de difficultés sur le topo. Mais l'exposition est tout de même là, et la concentration est vitale... Surtout lorsque la neige est encore bien présente! Mais lorsque l'arête se conuche enfin, c'est un bonheur de funambuler sur l'arête effilée et zizaguer sur les vires. Un coup au dessus de Font Turbat, un coup au dessus de la Lavey...

Enfin nous prenons pied sur le glacier. Les difficultés sont terminées, mais il reste encore beaucoup de dénivelé et de kilomètres avant de poser les sacs. Après une descente au pas de course nous arrivons au refuge de la Lavey. Nous nous y arrêtons pour dire bonjour à Caroline la gardienne (nous avions passé avec eux 4 jours super malgré le mauvais temps au printemps 2013), qui est en train d’arroser les salades de la serre (et oui ! à presque 2000m !). En discutant elle nous apprend que Xavier parti depuis une petite demi-heure et qu’il rentre à Grenoble. En super gardienne qui prend soin des alpinistes en détresse elle lui passe un coup de fil pour qu’il nous attende. Alors là ! Si on m’avait dit que le stop c’était si simple ! Quand même il ne faut pas trop faire attendre Xavier et il est déjà loin devant, alors tayo ! La bière attendra… Descente au pas de charge !

descente arete nord

Sur le glacier, au pied de notre colosse. Un dernier regard, et zou! On est pas d'ici...

Et miracle, Xavier nous attendait. Merci encore ! C’était super sympa et le retour à papoter à été très agréable. Quand même, en descendant du tram et en traversant les foules descendue dans la rue pour la fête de la musique je me suis senti un peu satellisé… Dire que quelques heures auparavant nous étions seul, à 3500m, au sommet… On aurait été bien à la Lavey aussi non ?